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C’est quoi la vie d’artiste ? Rentabilité, égo et syndrome de l’imposteur

Sur internet tout est beau, tout semble parfait. Vivre de son art, vivre de sa passion, c’est la vie rêvée non ?

Depuis le premier septembre 2020, un peu plus d’un an après la création de ma micro-entreprise, j’ai décidé de sauter le pas et de quitter mon job pour me lancer dans l’aventure à 100%. C’est un choix, pas une obligation, mais quelque part c’était devenu une nécessité.

Après le confinement, les heures passées chez moi face à moi- même, travailler pour moi et de la manière dont je le souhaite était une évidence.

Après un rapide coup d’œil sur les formalités administratives qui m’ont confirmé que ce choix n’était pas (si) risqué * je me suis donc lancé ! Je suis devenue, à temps complet, chargée de communication / graphiste / illustratrice freelance (oui oui rien que ça xD).

* pour ceux que ça intéresse, il me reste deux ans d’aide URSSAF (sur trois) et une rupture conventionnelle avec mon employeur me permettait aussi d’accéder à deux ans de droits au chômage. Ce qui m’assure une relative sécurité financière le temps de me développer.

Depuis le 1er septembre c’est une évidence, j’ai fait le bon choix. Le fait de travailler pour moi-même, d’être ma propre patronne, m’a enlevé un poids sur les épaules que je ne pensais même pas avoir. Je suis ravie de pouvoir décider de mon rythme, de ma façon d’aborder les choses, de mes client.e.s, etc .

Mais si je prends le temps d’écrire un petit article aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que j’ai de nouveau du temps (lol), c’est aussi pour parler un peu de l’envers du décor. Parce que sur internet tout à l’air parfait.

Avant de me lancer, que ça soit en tant que chargée de communication freelance mais aussi pour mon activité d’illustratrice, tout avait l’air simple, facile, épanouissant. En réalité, en creusant, ce n’est pas la même mayonnaise. Et même si je me doutais (parce qu’on le sait tous plus ou moins) que la vie sur les réseaux était plus rose qu’en réalité, je suis un peu tombée sur le cul.

Au-delà des « classiques » questionnement sur le fait de : travailler seul.e, trouver un rythme, rester motivé.e, etc. j’ai aussi eu d’autres surprises.

Vivre de sa passion, c’est subjectif

Tout d’abord la notion de « vivre de » n’est visiblement pas la même pour tout le monde. J’ai découvert que beaucoup d’auto-entrepreneuses.eurs qui disent « vivre de leur activité » on en réalité un.e conjoint.e qui participe majoritairement aux dépenses du foyer.

Mais moi, mon activité professionnelle elle n’est pas là pour me payer des loisirs ou mettre du beurre dans les épinards : elle doit payer les épinards !

Voici comment j’imaginais les créatrices avec 10k sur Instagram !

C’est donc une pression et une vision tout autre de la vie d’auto-entrepreneuse que je dois assimiler, celle de la : rentabilité.

Le gros mot qui fait peur, ce mot qui t’embrouille au moment de fixer tes tarifs, au moment de choisir tes client.e.s. Vais-je devoir accepter des projets qui ne me plaisent pas ? Vais-je devoir rogner un peu mes valeurs pour manger ? Aujourd’hui ce n’est pas le cas, et j’espère que ça ne le sera pas, mais on ne doit pas vendre la peau de l’ours avant de lui avoir pété la gueule (décidemment aujourd’hui je suis riche en métaphore).

La rentabilité c’est une pression réelle, et comme l’argent est tabou en France et surtout sur internet, c’est un aspect qui est caché. Comme si le fait de bien gagner sa vie, ou au contraire de galérer, enlevait quelque chose à notre travail.

Je vais essayer d’être la plus transparente possible sur les réseaux à ce sujet. De dire quand ça va mais aussi quand ça ne va pas ! Si ça t’intéresse, n’hésite pas à me suivre sur Instagram, je suis bavarde 😉

Popularité et succès sont deux choses différentes

Aujourd’hui un de mes moyens principal de communication (hors du traditionnel et bougrement efficace bouche-à-oreille / réseau) ce sont les réseaux sociaux. Je suis très active sur Instagram et j’essaye de l’être sur Facebook. C’est normal, c’est logique, ça fait aussi partie des prestations que je propose à mes clients. J’y passe beaucoup de temps mais ça fait partie du boulot (oui j’utilise cette excuse pour rester sur TikTok jusqu’à 2h du matin …)

Les réseaux sociaux sont un formidable vecteur pour se faire connaître mais surtout pour communiquer avec sa communauté / clientèle et entretenir avec elle une relation privilégiée.

L’important sur les réseaux sociaux, on ne le répétera jamais assez, ce ne sont pas les chiffres mais plutôt l’engagement.

Une communauté petite mais fidèle et engagée, vaut cent fois mieux qu’un groupe d’inconnus nombreux mais désintéressé. Un compte Instagram avec beaucoup de followers n’aura pas forcément plus de clients. A l’inverse, un « petit » compte peux avoir beaucoup de succès dans la « vraie vie ».

Sauf que ça c’est la théorie, c’est ce que je répète aux clients et c’est la vérité. Mais c’est sans compter l’égo …

Et oui parce que les chiffres, même s’ils ne veulent pas dire grand-chose, font du bien à l’égo.

Et même si je sais que mon nombre de followers ne changera rien à mon nombre de commandes (ou presque), je ne peux m’empêcher d’avoir les yeux rivés sur le compteur. Je suis toute contente quand de nouveaux arrivent, et hyper tristes quand certains repartent.

Un follower qui se désabonne c’est toujours chez moi la cause d’une grande remise en question : pourquoi elle.il est parti.e ? Ce que je fais n’est pas intéressant ? Je raconte trop ma vie ? Mes illustrations sont moches ?

Et c’est là que ça devient dangereux !

Parce qu’à trop se questionner, on s’empêche d’être spontanée. On se bride, on se dit « non ne dit pas ça, dit plutôt ça, etc … ». Et même si aujourd’hui c’est quelque chose que je ne fais pas (celleux qui me suivent l’ont bien vu, je suis sans filtres 😉 ), je me méfie de ce sentiment et j’essaye à tout prix de ne pas me laisser influencer par les chiffres.

Le danger d’avoir les yeux scotchés sur les chiffres c’est aussi de perdre confiance en son travail. Et c’est là qu’apparait notre vieux pote : le syndrome de l’imposteur !

C’est quoi le syndrome de l’imposteur ?

Voici ce qu’en dit Wikipédia :

« Les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur, appelé aussi syndrome de l’autodidacte, expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre. »

Si tu me connais, ou que tu as lu mon dernier article, tu peux rapidement comprendre que le syndrome de l’imposteur se manifeste régulièrement chez moi. J’ai souvent l’impression que mon travail ne plaît qu’à mes proches, et que du coup il ne leur plaît pas vraiment, ils me complimentent pour me faire plaisir. J’ai l’impression que ce que j’ai accomplis n’est que le fruit du hasard. Que si je n’ai pas plus de succès c’est tout simplement que je ne le mérite pas parce que mon travail n’est pas assez bon.

J’éprouve ce genre de sentiments surtout par rapport à mes illustrations. Mes presque dix années d’expérience dans la communication me font dire que je suis douée dans la partie « chargée de communication » de mon travail. Hallelujah, enfin quelque chose dont je ne doute pas (trop).

Mais l’illustration, l’art, c’est subjectif. Et c’est donc d’autant plus difficile d’en être fière.

Et que ça soit sur les réseaux ou dans la vie réelle, j’ai toujours l’impression que mes collègues sont meilleurs que moi, ont plus de talent, ont un meilleur style, de meilleures idées, etc …

Le syndrome de l’imposteur il est encore plus présent une semaine comme celle-ci ou je reviens d’un week-end de marché de créateurs.

J’ai passé un chouette week-end, entouré de très chouettes personnes qui créent des choses magnifiques. Mais du coup je me compare sans arrêt. Et je remets mon travail en question. Pourquoi leur travail plaît-il plus que le mien ? Pourquoi font-ils plus de ventes que moi ?

Et même si les client.e.s qui s’arrêtent sur mon stand me couvrent de compliments et sont adorables (merci <3), je ne peux m’empêcher de douter.

C’est donc ça la vie d’artiste ? (huhu) La vie d’auto-entrepeneuses.eurs surtout ?

Avoir de doutes. Être seul.e face à eux souvent.

Pour finir sur une note plus positive et contrer tout ça voici quelques idées que j’ai trouvé pour l’instant :

  • S’entourer de gens positif. Avoir un entourage qui vous soutien et vous encourage c’est primordial.
  • Echanger avec des « collègues ». Que ça soit d’autres créatrices.teurs ou entrepreneuses.eurs j’essaye maintenant de me constituer un réseau de chouette personne de confiance avec qui je peux discuter de mes problématiques. Petit clin d’œil notamment à Claire du Café des Entrepreneuses qui me fait rencontrer de chouettes nanas avec qui je peux papoter <3
  • Se laisser le droit de douter et de souffler. On a le droit, après un week-end éprouvant de prendre une journée OFF pour repartir du bon pied ensuite.  C’est un marathon, pas un sprint !
  • Se concentrer sur les retours positifs d’inconnus. Quand j’ai le moral en baisse, je ressors les messages de personnes qui ont découvert mon travail et qui l’ont apprécié (et qui ne sont ni ma maman, ni ma mamie, ni mon copain ^^) !

N’hésitez pas si vous avez d’autres idées, si vous avez des questions ou si vous rencontrez le même genre de problématiques et que vous voulez papoter ! Ma porte, mon mail et mes DM sont ouverts 😉

Bisous, merci.

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