Un blog ? Qui a un blog ? … Oui bon toutes mes excuses je n’ai pas oublié que j’avais un blog j’ai juste pas du tout pris le temps d’écrire quoi que ce soit récemment. C’est pourtant pas les idées qui manquent mais bon la vie est ainsi faites.

Mais fini les excuses je suis de retour avec un article ce soir. Un article pas forcément joyeux et positif parce qu’il va falloir vous rendre à l’évidence je ne suis pas vraiment un rayon de soleil comme meuf. Ou en tout cas pas tous les jours.

Ce soir, avec une bouillotte dans le cou et des douleurs dans tous le corps, recroquevillé au fond de mon lit j’aimerais vous parler de body positivisme.

 

Encore ?

Alors je sais j’en ai déjà parlé ici, du rapport au corps, de s’accepter. J’en ai parlé ici et ici et aussi à la radio ici.

Pour ceux du fond de la salle qui n’ont pas suivi, le body positive c’est (définition wikipédia)

un mouvement social en faveur de l’acceptation et l’appréciation de tous les types de corps humains. Il encourage la diversité et l’estime de soi en soutenant que la beauté est une construction sociale qui dépend des cultures et défie les stéréotypes et définitions normatives partagés par les médias.

Mais ce soir j’ai envie d’aborder le sujet sous un angle un peu différent.

Pendant des années j’ai fait subir à mon corps une torture aussi bien psychologique que physique. Je l’ai détesté, caché, même blessé parce qu’il ne me convenait pas. Il ne me plaisait pas, je ne me plaisais pas. Et jusqu’ici, parce que j’étais encore jeune (oui c’est fini il faut faire le deuil 😭), mon corps avait encaissé sans trop broncher. Cette époque est révolue et là je déchante.

 

Le surpoids

C’est le diagnostic médical. Le terme froid et violent qu’on te balance du jour au lendemain comme si tu venais d’attraper une maladie incurable. Mais cette maladie on te précise que c’est de ta faute. Ce n’est pas la fatalité du destin, personne ne va te plaindre. Si tu es en surpoids c’est que tu l’as bien cherché, on ira même jusqu’à dire que c’est mérité. Être en surpoids aux yeux des autres et du corps médical c’est être faible, être feignant, être stupide et inconsidéré.

Comme le corps et l’esprit forment un couple (souvent disfonctionnel), inutile de vous préciser que toute cette violence psychologique et médical n’améliore JAMAIS la situation. Si on a la chance de tomber sur quelqu’un de bien et de professionnel néanmoins on pourra trouver une oreille plus compréhensive. Mais que ça soit dit gentillement ou non le constat sera toujours le même : il faut perdre du poids.

L’argument numéro 1 des grossophobes est celui de la santé. C’est aujourd’hui politiquement incorrect de dire à une femme qu’il faut maigrir pour être belle. La terre entière le pense mais essaye de moins le dire, (et malgré tout cette je trouve cette hypocrisie reposante). Mais comme on ne va quand même pas laisser les gros en paix, on leur parle de science !

La science c’est l’argument indiscutable. On ne peux pas lutter. Et la science a dit qu’être gros c’était être en mauvaise santé.

Et bien malheureusement, je ne peux pas nier cette affirmation. Le surpoids, en fonction de son étendue, s’accompagne en effet de nombreuses pathologies et douleurs.

 

Quand ton corps te lâche

Lorsque j’étais ado, mon rapport au corps était exclusivement centré sur mon image et ce que les gens en pensaient. En grandissant j’ai réussi à m’éloigner peu à peu de ces injonctions. On pourrait donc croire que je vais enfin pouvoir être en paix.

C’était sans compter sur l’âge, ce fléau irréversible et pernicieux.

L’âge son problème ce n’est pas tellement l’apparence. Contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire ce n’est pas le fait que le corps se ride le problème, que les cheveux blanchissent ou encore qu’on n’y voit plus très clair. Le problème de l’âge c’est la faiblesse.

On a tous eu ce sentiment le premier lendemain de cuite du reste de ta vie. Celui où tu n’arrives pas à émerger.

Avec l’âge ton corps n’encaisse plus. Il n’accepte plus sans broncher. Et pire, comme le karma, il vient te faire payer d’un coup tes erreurs de jeunesse.

Avec le surpoids, cet effet est amplifié. Mon corps a besoin de plus d’énergie et de plus de muscles pour aller bien. Sauf que le sport n’a jamais été une habitude. Je n’ai jamais eu une bonne hygiène de vie. Jusqu’ici ça n’avait pas d’importance, aujourd’hui on compte les points.

Un carton trop lourd soulevé dans la mauvaise position, un concert trop long, un repas trop gras, un mouvement brusque et mon corps me lâche.

Depuis quelques années je souffre de problèmes de dos récurrents qui m’empêche souvent de vivre les moments pleinement. Rien d’exceptionnel, c’est le mal du siècle qu’ils disent. Sauf que tout ça est amplifié par le poids.

Sous le gras, mes muscles n’ont jamais eu l’habitude de travailler. Ils sont feignant eux aussi, ils sont faibles et mon corps a décidé d’arrêter de compenser.

Alors quand à 28 ans tu te retrouves à chialer de douleur pendant un cour de pilate où toutes les nanas s’en sortent nikel alors qu’elles ont deux fois ton âge pour certaines… Tu te dis que s’accepter est ce que c’est une bonne idée ?

 

Quand ton corps se dérègle

Mais si la douleur n’était que physique, si c’était juste un manque d’endurance, un manque de muscles, tout ne serait pas perdu.

Un peu tard certes mais je me suis remise au sport, je fait attention. Tout devrait rentrer dans l’ordre non ? Je vais m’adapter pour survivre ?

C’était sans compter l’intervention de la plus grosse arnaque de l’univers : les hormones.

Puisque non content d’être douloureux, mon corps a également décidé d’être déréglé. Complètement à l’ouest.

Je ne vais pas rentrer dans les détails médicaux parce que moi-même je suis un peu larguée. Mais cela fait quelques années maintenant que mes analyses ne sont pas bonnes. Je suis sous traitement pour la thyroïde, qui m’a fait (avant de commencer le traitement) prendre généreusement 20 bon kilos il y a 10 ans. Et depuis quelques années j’ai également un excédent de testostérone. Jusqu’ici le diabète et le cholestérol m’ont épargnés, inchallah.

Alors pourquoi je viens vous parler de testostérone ? Parce que quand les analyses sont tombés, le premier et seul traitement qu’on m’a proposé c’était de perdre du poids parce que “ça viens surement de là”. C’est tout. Merci de faire un chèque à la secrétaire en sortant.

Pour info, l’excès de testostérone provoque notamment l’hirsutisme aka être poilus. 

 

Quand ton esprit est fatigué

Nous voilà donc endolorie, essoufflée et moustachue.

Moi qui croyais que le boss de fin c’était de balayer mes complexes je découvre un niveau bonus. Et dans ce niveau on me demande de déconstruire une partie de ce que j’ai fait avant.

On me demande d’arrêter d’accepter ce corps. Il est faible, il ne me rend pas service. Mais alors ? Est ce que je me suis trahie ? Est ce que m’accepter c’est collaborer avec l’ennemi ? Comment j’ai pu me faire ça à moi-même ? Comment j’ai pu être satisfaite de mon corps alors qu’il me poignarde dans le dos ?

Puisque le seul moyen de redevenir un être sain c’est de maigrir. On ne m’a rien proposé d’autres. Je ne sais même pas si quelqu’un a déjà cherché une autre solution.

Alors qu’est ce que je fait ? Je laisse tomber les “grands principes” ? Je me “fait violence” comme ils disent ?

Être grosse n’est pas un acte militant. Je ne suis pas grosse par choix. Je suis grosse parce que c’est comme ça que mon corps et mon esprit trouvent leur équilibre. La vie de couple est faites de compromis et à l’intérieur de mon enveloppe j’essaye de trouver les miens.

 

S’accepter malgré tout ?

Mais qu’est ce qu’on fait du coup ? Et comment on conclu cet article ? (Qui est long, déso 🤷).

Alors oui j’ai mal. Non je ne vais pas rester là à rien faire. Oui je fais du sport pour arranger ça. Oui je m’y suis prise tard et ça sera long. Oui ça serait plus facile en perdant 20kg. Non ça ne me rendrait pas plus heureuse. Non je ne me sentirais pas bien en étant de nouveau obsédé par mon poid. Non je n’ai pas envie de faire un choix entre ma santé physique et ma santé mentale. Entre être heureuse et douloureuse, ou être déprimé et “en bonne santé”. Et oui je fait des rimes.

Le body postivisme c’est s’accepter mais c’est aussi s’écouter.

Je ne peux pas me voiler la face sur certaines conséquences physiques de mon surpoids. Je n’ai plus le luxe de les ignorer. Mais je ne suis pas non plus obligé de changer tout mon état d’esprit pour trouver des solutions.

Pour les hormones et leurs mystères, je n’ai pas encore trouvé de réponses. Il n’y en a peut-être pas. Il faudra peut-être que j’apprenne à aimer mes nouveaux poils.

Le body positive ce n’est pas un acquis. Je l’ai compris très vite. On peut s’aimer un jour et se détester le lendemain. Ce n’est pas grave. Ça ne nous rend pas plus faible. On peut trouver un nouveau complexe derrière chaque complexe qui disparaît. Ce n’est pas une science, ce n’est pas exact, ce n’est pas définitif. L’important c’est de s’écouter, de savoir se pardonner et d’essayer de s’aimer.

Voilà cet article est bien trop long. J’espère que mon témoignage pourra aider ceux qui se posent les mêmes questions que moi. A défaut, l’écrire m’aura au moins fait du bien. Et j’ai ressortie une photo du talentueux Solhaan pour l’occasion. Bonne nuit, bisous, merci.

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