Ma vinaigrette

Hier, j’ai tué mon chien

S’il y a bien un article que je ne m’étais pas imaginé écrire c’est celui-ci. Hier j’ai euthanasié mon chien.

On dit que le deuil a 7 étapes (le choc, la culpabilité, la colère, le marchandage, la douleur, la reconstruction et l’acceptation).  J’ai l’impression d’avoir pris les 3 premières dans la gueule, en un seul coup.

Léon était malade. Mais je n’ai plus envie d’en parler. Plus envie d’expliquer comment en un petit mois il a perdu du poids, l’usage de ses pattes, son appétit et sa joie de vivre. Les vétérinaires lui ont diagnostiqué, trop tard et de justesse, une méningite. Le traitement n’a pas fonctionné. 


En réalité, c’est tout ce que j’ai réussi à écrire le lendemain. Le 5 décembre. Le reste n’arrivait pas à sortir. Aujourd’hui nous sommes le 31 janvier, ça fait presque 2 mois que j’ai perdu mon chien.

Je pourrais vous le décrire. Vous décrire qui il était, les moments passés ensemble, les joies, les cris et les milliards de papouilles. Mais j’ai ce sentiment beau et frustrant à la fois, qui me fait me dire que personne d’autre ne pourrait comprendre le lien entre moi et mon chien.

Je pourrais vous parler de ce que je pense savoir du lien entre un maître et son chien. Mais en réalité je n’en sais rien. Je ne connais que celui que j’ai construit avec Léon, dès notre première rencontre et jusqu’à la fin de nos vies.

Parfois je n’arrive pas à comprendre. Pourquoi s’attacher à un être si éphémère. Pourquoi je me suis infligé ça. Même si il est parti bien trop tôt, je savais pertinemment qu’il vieillirait plus vite que moi. À la minute où il est rentré dans ma vie j’ai eu peur qu’il la quitte. Cette crainte m’a fait cauchemarder un paquet de fois. La peur qu’il se sauve, qu’il soit volé, qu’il soit renversé, qu’il se perde. Étrangement je n’ai jamais eu peur qu’il tombe malade.  Les bulldogs sont pourtant une « race fragile ». On me l’a répété. On me le répète encore beaucoup. Mais cette idée, ironiquement, ne me hantait pas. Ça n’a pas de sens. Son départ n’a pas de sens, pas maintenant et pas comme ça. 

J’ai toujours cru savoir. Je me suis toujours dit que le perdre serait douloureux. Je ne m’imaginais pas à quel point. 

Et pourtant je ne regrette rien. Je recommencerais et revivrais tous les moments partagés avec plaisir. Je donnerais tout ce que j’ai pour ça. 

Non je ne prendrais pas un « autre chien ». Je ne veux pas d’un autre chien. Je veux mon chien. Mais il n’est plus là.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus en fait. Je ne sais pas vraiment si je veux en parler. Je ne sais pas comment gérer la perte, la douleur, le manque. Je pleure encore. Beaucoup. Plusieurs fois par jour. 

Je ne sais pas décrire ce qu’il m’a apporté.

J’ai donné ses affaires aux chiens qui en ont besoin. J’ai gardé les souvenirs précieusement. J’ai décidé de laisser dernière nous la maison où tout est devenu trop douloureux. J’ai besoin de finir cet article. De le publier. D’avancer et de passer à autres choses. 

Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais je suis maintenant une personne sans chien.

12 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.